7 Cancer et psychose 

1 Introduction 2 Le cancer et l'auteur

3 Seulement physique, le cancer ?
(c'est ce qu'on dit, mais...)

4 Causes psychiques du cancer, hypothèses de psys
(dont d'anciens chefs de cliniques cancérologues)
5 Psychosomatique 
(pourquoi pas aussi le cancer ?)

6 Effet placebo, effet nocebo

7 Cancer et psychose
"Le cancer vient de la folie réprimée"
(Norman Mailer, Un rêve américain)

8 Fritz Zorn (il a cru échapper au cancer en voyant sa cause dans son éducation)

9 Auteurs morts d'un cancer
(auraient-ils d'autres chose en commun ?)
10 Extraits choisis 11 Corrélation ? Commentaire ?

Note de mai 2010, assez importante pour se placer en tête : aux références qui suivent je viens d'en trouver une plus prestigieuse...

N’est-il pas alors curieux de constater que le psychotique, lorsqu’il est établi dans sa démence, lorsqu’il a dépassé le stade douloureux de son établissement pendant lequel tous les examens biologiques montrent de profondes perturbations, se trouve dans un état normal d’équilibre biologique qui lui permet d’éviter les lésions néoplasiques [cancers] (toutes les statistiques mettent en évidence la faible incidence du cancer chez les psychotiques) et infectieuses ? » (...) il n'y a pas que les maladies psychiques et psychosomatiques qui soient du ressort des comportements individuels en situation sociale (…), sans doute toute la pathologie en dépend (Henri Laborit, L'inhibition de l'action, Masson, 1979).

Vers 1980, j'ai entendu un étudiant en médecine devenu parapsychologue développer la thèse suivante (en bref). Il partait d'un constat que je n'ai pas autrement vérifié, mais le fait est que je ne vois pas de contre-exemple ni dans mon entourage ni parmi les gens célèbres, que les cancéreux ne souffrent en général pas de psychose, ni les psychotiques de cancer.

Il s'agit de psychose au sens psychiatrique, trouble mental qui altère la perception du réel, non au sens sociologique de peur collective justifiée ou non. C'est donc une démence (folie), mais pas n'importe quelle démence. La psychose se traduit essentiellement par le délire, au sens médical lui aussi, la confusion entre les fantasmes et la réalité, quand cette dernière devient insoutenable, dans une tension émotionnelle extrême. Le délire (au sens large, incluant les hallucinations) est donc à la psychose ce que la tumeur est au cancer (leucémies mises à part).

En même temps, que les psychotiques ne souffrent pas non plus de cancer en même temps. Donc le cancer et la psychose seraient deux façons différentes de "craquer" dans une situation particulièrement malsaine, quand la personne vit une situation (entourage familial ou autre, etc.) psychopathogène à un certain degré, un degré qui met en cause le sens de la vie. Après tout, quand on tire trop fort sur une ficelle fragile en deux endroits ou plus, elle craque en un seul.

Les statistiques confortent-elles cette approche ? Certes il est problématique de dresser des statistiques comparées de psychose selon les pays, mais il en existe pour le suicide, et il y a une forte corrélation entre psychose et suicide. Les pays où on enregistre le plus de suicides sont aussi, largement, ceux où l'on enregistre le plus de cancer.

D'après la même thèse, une situation malsaine à un degré moindre donne soit une névrose (maladie mentale n'altérant pas la perception du réel, seulement les émotions), soit une maladie physique chronique, mais pas les deux. Et il est vrai, pour revenir au cancer, qu'il n'apparaît pas davantage, qu'on le voit même plutôt moins, chez des personnes déjà physiquement en mauvaise santé. Classiquement, on passe d'un coup de la bonne santé globale au cancer (qui bien sûr apporte son cortège de troubles associés). Il n'est donc pas a priori l'aboutissement d'un processus de dégradation physique visible.

Au passage, au moins le tabac est un cas particulier. Pour qu'une personne en arrive à fumer aujourd'hui sachant tout ce qu'on sait sur les effets, il faut ou qu'elle ne soit pas bien, ou (ne jugeons pas) que son environnement psycho-socio-affectif ne soit pas bien. Que ce soit très répandu n'y change rien. Le mal normal reste le mal.

  • Les démences provoquées directement par une tumeur au cerveau sont un cas bien particulier.
  • Le concept même de psychose n'est pas repris tel quel par le DSM (nomenclature des maladies mentales de l'Association de psychiatrie américaine), mais il l'est par le CIM (la même chose pour l'OMS) et donc n'est pas totalement périmé.
  • Statistiques pour les suicides (statistiques de l'OMS en 2000), en s'en tenant au cinq premiers : Lituanie (44,1 pour 100000 habitants), Russie (40,1), Lettonie (37), Biélorussie (34,9), Hongrie (31,6). Pour le cancer (même source) : Hongrie (272,2 hommes et 138,4 femmes), Russie (237,1 et 107,6), Lettonie (224 et 107,6), République Tchèque (229,3 et 124,7), Slovaquie (218,1 et 103,5). Qu'il s'agisse en outre d'ex-pays communistes est aussi très significatif. Ils ont connu l'écroulement cataclysmique d'un système de valeurs, de repères, de relations sociales, etc. qui n'a pu que déstabiliser les individus et les groupes (bien sûr, pour les cancers, on ne peut oublier totalement Tchernobyl, néanmoins la Biélorussie, la plus touchée, n'y figure plus). Invoquer la situation économique ne suffit pas puisque des pays plus mal en point sont loin derrière. Certes il convient d'être prudent avec les statistiques comparées de pays à pays, les évaluations et les critères pouvant être disparates et entraîner des biais, mais c'est quand même frappant.…

 

haut

retour