Fictions


Un extrait parmi bien d'autres (mais pas tout !) de l'ouvrage paru en juin 2000 aux Editions Exergue.
 

 

Fictions inspirées

Les oeuvres de fictions inspirées explicitement par les yétis, bigfoots et autres sont rares, très rares. Bien sûr, l'énumération qui suit ne prétend pas être complète, loin de là, mais enfin on admettra que le thème n'est vraiment pas fréquent. Cela confirme que l'explication par le mythe est pour le moins branlante. Relevons quelques exceptions tout de même. L'attendrissant "Bigfoot", du film "Bigfoot et les Henderson", accumule les catastrophes mais elles sont de bon goût, et la situation globale reste très vivable. Parlez-en donc à Frank Hansen (si par extraordinaire il accepte d'en parler). Dans un épisode de la série télévisée McGyver, les héros sont confrontés à un sasquatch particulièrement agressif, dont les cris sèment la terreur. McGyver lui-même doit bientôt l'affronter. Mais en fait, c'est un homme déguisé, dont le travail consiste à écarter tout intrus d'une zone utilisée par une bande de malfaiteurs. A la fin, quand les méchants sont arrêtés, le héros entend, tout près, le cri du sasquatch. Il se retourne vivement... et se retrouve face au magnétophone utilisé pour diffuser les cris de la créature. A peine remis de cette émotion, il entend de nouveau un cri comparable, mais venu de quelque part dans les profondeurs de la forêt. Et cette fois personne ne comprend plus. Un épisode d'une autre série américaine, "Code Quantum", évoque aussi le Sasquatch... et se termine inopinément par un extrait du film historique de Roger Patterson. 
 

BD

Mais c'est la bande dessinée qui donne la moisson la plus riche. Et d'abord, bien sûr, "Tintin au Tibet". Pour l'écrire, Hergé s'est documenté auprès de son ami Bernard Heuvelmans, une garantie supplémentaire. Et pourtant on est loin de s'y retrouver. Bien sûr, on cite en passant des témoignages, comme celui du Sherpa Anseering;, ou l'anecdote, réelle, du yéti qui s'était enivré à la bière, une nuit, dans un village népalais (les habitants en avaient profité pour le ligoter, mais à son réveil il avait facilement rompu ses liens et s'était enfui). Mais ce sont à peu près les seuls éléments concrets et réalistes cités dans tout l'ouvrage. Le yéti un peu trop gigantesque d'Hergé est seul de son espèce, apparemment, ce qui détruit la vraisemblance.

Mais ce yéti-là est plutôt une allégorie, un symbole. Le ressort essentiel de l'action évoque une recherche de soi-même, une quête mystique, ponctuées de rêves, signes et visions, dont le jeune Tchang serait le but suprême et sublime. Et le yéti y apparaît comme l'"Ombre du Soi", comme on dit chez Jung, l'aspect terrifiant de ce même but suprême. Hergé a écrit "Tintin au Tibet" à l'issue d'une psychanalyse jungienne. Mais présenter le yéti n'était pas son but (pas plus d'ailleurs que parler du Bouddhisme tibétain ou de l'Himalaya).

 Marc Dacier, qui a fait les beaux jours du journal Spirou, est comme Tintin un reporter-globe-trotter-redresseur-de-torts. Une de ses aventures, publiée au début des années soixante, s'intitule "L'abominable homme des Andes". De quoi saliver, d'autant que les Andes ne sont pas le dernier endroit à fournir des témoignages précis et prometteurs sur des bipèdes velus. Mais en fait, on découvre au détour de l'action que les mystérieuses et inquiétantes créatures sont des Incas déguisés. Passons. 

Et venons-en à l'ouvrage le plus intéressant, "Yeren", de Marc Wasterlain (paru dans Spirou au milieu des années 80, et aux éditions Dupuis en 1987). Cette fois, l'auteur propose explicitement de nous faire réfléchir et de nous instruire tout en nous distrayant ("Bien que se voulant avant tout un récit d'aventures, cette fiction emprunte cependant beaucoup d'éléments réels et résume, sans doute, l'aventure extraordinaire qui a été à l'origine de l'homme...").  Et il y parvient à merveille. Si les commentaires qui suivent peuvent apparaître quelque peu critiques, ce n'est pas du tout pour marquer une quelconque déception, ni pour le plaisir de donner des leçons. Je n'ai pas la prétention d'apprendre son métier à cet auteur, élève entre autres de Peyo. L'oeuvre est très bien ainsi, et ne reprochons pas à Wasterlain d'user des clichés de la BD : c'est cela qui lui permet, à chacun de ses albums, d'atteindre au plus vite l'essentiel. Simplement, il se trouve que les lieux communs et pour finir les impasses où il se fourvoie, en dépit ou peut-être à cause du très grand sérieux de sa recherche, sont hautement significatives.

 L'album se divise en quatre parties, de tailles inégales, toutes tournant autour du problème de nos ancêtres et cousins animaux. Seule la dernière touche directement notre sujet, mais les trois premières sont aussi instructives. 

Premier épisode : il y a deux millions d'années, à Olduvaï en Tanzanie, une famille d'australopithèques est attaquée par un dinothérium (cousin fossile des éléphants). L'un des hommes-singes se sacrifie, provoque le colosse, et l'attire sciemment dans des sables mouvants où tous deux disparaissent. Donc, premier cliché : on retrouve, dramatisé à souhait, le thème rebattu, obsessionnel, de l'héroïsme de nos ancêtres dans la lutte quotidienne pour la survie. 

Deuxième épisode : au même endroit, de nos jours. Des paléontologues de la fondation Leakey fouillent avec ardeur, gaieté, et succès. Ils sont assistés par Jeannette Pointu (reporter-globe-trotter-redresseuse-de-torts : un cliché bien pratique). Y apparaissent aussi quelques personnages dont un "Yves Copain" (pseudonyme transparent pour Yves Coppens, le grand spécialiste français). Le campement reçoit la visite d'Anne Fosset (pseudonyme non moins transparent de Dian Fossey, la célèbre protectrice des gorilles), venue pour raconter ses graves problèmes, et surtout demander encore un peu plus d'argent à la fondation Leakey. L'atmosphère devient plus dramatique.

 Troisième épisode : Jeannette Pointu rend à son tour visite à Anne Fosset, ce qui nous vaut une présentation particulièrement vivante et émouvante de cette dernière, et de ses protégés. Là interviennent les méchants, une bande de braconniers, et surtout leur chef et commanditaire, Tob's : un aventurier-tueur (cliché utilitaire là aussi), cupide, hargneux, impulsif et vindicatif, qui sera l'assassin d'Anne Fosset.

 Quatrième épisode : Jeannette est à Hong-Kong pour suivre la filière du trafic. Elle a en effet pu savoir qui était l'employeur de Tob's. Ce deuxième méchant, bien typé lui aussi, est le patron d'une grosse société d'import-export, qui écoule notamment des têtes et pattes de gorilles, utilisées pour des médecines chinoises parallèles. Chemin faisant, elle découvre dans une boutique d'apothicaire des "dents de dragon", c'est-à-dire de gigantopithèques fossiles (effectivement découvertes dans de tels endroits, longtemps auparavant). De fil en aiguille, nous en arrivons à la partie qui nous intéresse directement et donne son titre à l'ensemble. L'auteur évoque en passant l'ampleur mondiale du problème. Donc Jeannette se rend aux confins sauvages et mal famés de la Chine et de la Birmanie (tout près du "Triangle d'or"). Les multiples obstacles pour y arriver sont très vite contournés (mais pas ignorés, ce n'est simplement pas le sujet essentiel). Et Tob's s'y rend aussi, pour offrir à son patron une dépouille de yéren, et se venger de Jeannette Pointu.

Et les yérens sont au rendez-vous. Suivent alors quelques péripéties sanglantes, où l'on trouve des guérilleros birmans, des peuplades restées à l'âge de pierre, des trafiquants complices de Tob's. Et l'on revit la scène du début. Un yéren se sacrifie pour sauver les siens, et attirer le tueur dans des sables mouvants où tous deux disparaissent. Toujours l'héroïsme, qui n'aide vraiment pas à comprendre comment ces êtres peuvent à ce point rester ignorés. Un héros ne se cache pas...

 Et la conclusion, en queue de poisson, prend la forme d'une dépêche d'agence : "Echec de l'expédition scientifique : le yéren n'est qu'une légende, affirme notre consoeur Jeannette Pointu". Curieux revirement. On sent l'auteur fasciné par le sujet, mais aussi déconcerté (comme tout le monde, d'ailleurs) par LA question : pourquoi n'arrive-t-on pas à déboucher, à décrocher LA preuve ? Son oeuvre n'apporte aucune réponse, il ne mentionne même pas le caractère nocturne, qui n'explique pas tout mais y contribue quand même un petit peu. Accessoirement, ses jungles "impénétrables" sont quasiment des jardins à l'anglaise. Alors il se console en estimant que nous sommes vraiment trop cruels et trop stupides pour mériter d'approcher réellement ces êtres. L'épisode chez les gorilles ne le confirme que trop.
 

Fictions non inspirées

Il s'agit à présent de fictions mettant en scène des êtres intermédiaires entre Homme et Animal, mais qui ne doivent rien aux yétis, bigfeet, etc.

Les animaux dénaturés

"Que si on en trouve un peuple encore en vie dans quelque massif isolé de Bornéo, quel malheur pour toute l'anthropologie ! Car elle serait incapable, d'après la description de ces créatures, et faute de définition du comportement spécifique de l'homme, de les classer dans le genre animal ou dans le genre humain - et du même coup le problème serait insoluble de savoir comment les traiter, en électeurs ou en bêtes de somme." (Vercors, "Ce que je crois", Grasset 1975). L'écrivain français Vercors (Henri Bruller, 1902-1992) a donc publié, en 1952, un roman intitulé "Les animaux dénaturés", qu'il devait par la suite adapter au théâtre. La catégorie dont il relève pourrait s'appeler "roman dialectique". Cela ne signifie pas qu'il soit par trop sérieux ou pédant, car l'auteur se doit d'ajouter humour, pittoresque, sentiment et suspens. "Les call-girls" d'Arthur Koestler sont un autre bon exemple. Le but est d'approfondir un débat à la fois scientifique et philosophique qui passionne l'auteur, sans que ses opinions soient arrêtées. Alors il met en scène un débat formel, dans le cadre d'un procès ou d'un colloque, où des témoins et des experts sont cités, où des personnages défendent avec talent des points de vue opposés.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une équipe de préhistoriens britanniques découvre, dans un recoin quasiment inexploré de la Nouvelle-Guinée (qui reste, aujourd'hui encore, un des secteurs les moins accessibles de la planète) une population de pithécanthropes bien vivants. Un certain nombre de ces "tropis" peuvent être capturés, ou apprivoisés, et emmenés en Angleterre. La question de leur humanité ou non prend bientôt un tour dramatique. Un trust australien du textile, qui se trouve être propriétaire de la région où ils ont été trouvés, se propose de les utiliser comme travailleurs. Ils sont dociles, montrent la même dextérité que les hommes, mais on peut les traiter comme des animaux. Le héros du roman, Douglas Templemore, s'est prêté à une expérience (par insémination artificielle, est-il précisé) pour savoir si un métissage est possible entre homme et tropi. Expérience concluante ! Délibérément, de sang-froid, il tue l'étrange bébé que lui a donné sa "tropiette", non sans l'avoir fait baptiser et inscrire à l'état-civil. Puis il se dénonce à la police. Il espère ainsi obliger la justice de son pays à déclarer les tropis humains, et contrecarrer ainsi les projets esclavagistes des Australiens. Au risque de se voir condamné à la pendaison. Tout se passe comme prévu, et même un peu mieux. Les très laborieuses discussions "pour ou contre" l'humanité des tropis constituent la partie la plus remarquable du roman. Il semble que l'auteur ait choisi pour cadre la Grande-Bretagne parce que les pratiques judiciaires de ce pays se prêtent mieux au genre de débats contradictoires qu'il souhaitait. On y apprend que jamais aucun législateur, dans aucun pays, à aucune époque, ne s'est soucié de définir l'être humain. Pour finir, les tropis sont bien déclarés humains... et Douglas Templemore est acquitté car aucune loi ne peut être rétroactive.

Pour cet auteur, il ne s'agissait que de fiction. La réalité, lui non plus ne voulait pas la voir. Et ceux qui acceptent de la voir sont aveugles aux problèmes pourtant bien concrets posés par ce même Vercors (Porchnev, par exemple, ne le cite que pour rejeter en bloc ses réflexions). Et l'on piétine. Quelles différences voyons-nous entre les situations de cette fiction et celles que nous constatons dans la réalité à propos de nos HR ?
 

a) On trouve les tropis au fond d'une jungle inexplorée, où l'Homme (l'Occidental tout au moins) pénètre pour la première fois. C'était évidemment le plus simple, le plus crédible a priori.

 b) Une fois trouvés, les tropis se montrent étonnamment avenants, dociles et sociables. Tout au plus, les mâles montrent une certaine nervosité et une certaine instabilité, mais juste ce qu'il faut pour la vraisemblance, pas au point de compliquer l'action. Et même après qu'un certain nombre aient été capturés, les autres restent parfaitement accessibles.

 c) Les héros ne sont pas des robots, ils éprouvent, à des degrés divers, étonnement, exaltation, angoisse, indignation, peur, soulagement, selon les circonstances. Mais là encore juste ce qu'il faut pour paraître humains, pas assez pour perturber l'intrigue. Ces émotions restent toujours assez modérées pour être contrôlables. Jamais elles ne les submergent. Jamais ils ne perdent la tête. Le moins qu'on puisse dire est que c'est rarement le cas des personnes confrontées, dans la réalité, au problème (de ce point de vue au moins, Hergé s'est montré plus réaliste).

d) Les tropis ne montrent pas de capacités physiques exceptionnelles. A la lumière de très nombreux témoignages, si des HR devenaient des humains à part entière, ils atomiseraient sans aucun effort la plupart de nos records d'athlétisme...
 
 

 Homme-animal

 "Les animaux dénaturés" n'est pas la seule oeuvre littéraire où l'on s'aventure près la frontière homme-animal. Mais enfin ce thème n'est pas non plus fréquent, comme il le serait s'il était impulsé par un mythe. Le plus souvent, il s'agit d'hommes à part entière qui se retrouvent plus ou moins complètement changés en animaux, d'une manière totalement incongrue. Dans "Les métamorphoses" de l'auteur latin Apulée, le héros, Lucius, se trouve changé en âne pendant la plus grande partie de l'action. Il continue à ressentir en homme mais ne peut l'exprimer, et subit d'innombrables tribulations jusqu'à ce qu'il puisse enfin avaler les roses qui lui rendent son humanité. "La belle et la bête" est un autre exemple, ainsi que "Les aventures de Pinocchio". Dans ces trois cas, le propos était lourdement moralisateur. 

Dans "La métamorphose" de Franz Kafka, le malheureux héros se trouve subitement et sans explication transformé en une sorte de gros scolopendre qui finit par mourir. Plus grinçant encore, "Gloire à nos illustres pionniers" de Romain Gary. Dans cette très courte nouvelle, des hommes, de leur plein gré, deviennent poissons, crustacés, mollusques, etc. pour faire avancer la Science et conquérir l'Océan. A la fin, ils n'ont pas encore perdu toute raison humaine mais on précise que ce n'est plus qu'une question d'heures. La foule (restée humaine) les acclame tandis qu'ils s'enfoncent dans la mer.

Il est plus rare encore que des animaux accèdent inopinément à l'humanité, ou à quelque chose qui s'en rapproche. C'est le cas dans "La guerre des salamandres" du Tchèque Karel Capek, qui a aussi fourni à la science-fiction cet autre cas-limite que sont les robots. Là, les limites entre hommes et bêtes sont plus que transgressées, elles sont atomisées. Certaines salamandres sont vendues au poids pour nourrir les hommes, mais d'autres leur donnent des conférences très savantes, avec toute une série de cas intermédiaires. Pour finir, les salamandres deviennent les plus nombreuses et les plus fortes et entreprennent de faire disparaître les continents en transportant toutes les terres dans la mer. Toujours l'humour grinçant.

Par contre, bien sûr, les fictions montrant des animaux humanisés, ou des hommes ayant quelques traits animaux, sont innombrables, pas seulement chez Walt Disney. Mais il s'agit alors d'une situation jugée normale et stable par les protagonistes de l'action, jamais d'un cas-limite angoissant ni d'une évolution déconcertante.
 
 

 Les voyages de Gulliver

En quoi le célèbre roman de Jonathan Swift (1667-1745) intéresse-t-il notre étude ? On y rencontre des créatures odieuses appelées yahoos, décrites ainsi : "... Leur tête et leur poitrine étaient couvertes d'un poil épais, frisé chez les uns, plat chez les autres ; ils avaient des barbes de bouc, et une longue ligne de poils le long du dos et sur le devant des jambes et des pieds..." Quant aux femelles, elles "n'étaient pas si grandes que les mâles ; elles avaient de longs cheveux plats sur la tête, mais aucun poil sur la face, et rien qu'une sorte de duvet sur le reste du corps, excepté autour de l'anus et de leur pudenda. Leurs mamelles pendaient entre leurs pattes de devant, et souvent touchaient presque le sol pendant qu'elles marchaient..." Pour l'instant, pas grand chose d'humain, même si les longues mamelles pendantes doivent déjà faire dresser l'oreille de quiconque connaît un peu la question. Mais quelques pages après : "Mon horreur et mon étonnement ne sauraient se décrire, lorsque je reconnus dans cet abominable animal une figure humaine parfaite ; le visage était à la vérité plat et large, le nez déprimé, les lèvres grosses et la bouche grande, mais ce sont là des caractères communs à toutes les nations sauvages (...) et chaque partie de nos corps était la même chez l'un et chez l'autre [un yahoo et Gulliver !] excepté pour ce qui est des poils et de la couleur..." En dehors des lèvres épaisses (manifestement empruntées aux Noirs d'Afrique), on a donc trop de caractéristiques de nos HR pour que ce soit dû au hasard. Il se trouve que "yahoo" est une des dénominations des HR australiens, mais il se pourrait bien qu'elle ait été inspirée par l'oeuvre de Swift et non l'inverse. Boris Porchnev estime que l'écrivain a tout simplement pris son modèle dans sa patrie, l'Irlande, dont les leprechauns n'avaient pas totalement disparu en son temps.

Toutefois, les yahoos de Gulliver restent jusqu'au bout d'une bestialité et d'une abjection sans faille. Et ils sont domestiqués par les houyhnhnms, des êtres suprêmement civilisés, sages, savants et magnanimes... mais qui n'en sont pas moins, physiquement, des chevaux.

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