FEU

 


Une réflexion qui manquait. 
 


On a proposé bien des identifications de ce que j'appelle les HSV et tel ou tel hominidés ou hominoïdes reliques, ou encore homins. Mais il semble bien que dans la majorité des cas, et dans les mieux décrits physiquement (Iceman, bigfoot du film de Patterson), ils ressemblent plus soit à des néanderthaliens, soit à des "erectus évolués", bien connus de la paléontologie, et d'ailleurs les plus récents, donc les plus plausibles, de tous ceux qu'elle étudie et nous propose.

Problème, ces deux catégories sont aussi les plus proches de nous par ce qu'elles ont laissé entrevoir de leurs aptitudes : maîtrise du feu et enterrement des morts. Nous laisserons de côté ici l'enterrement des morts puisque nous ne savons rien de la façon dont les HSV traitent les corps de leurs défunts. Mais on ne connaît pas de cas leur attribuant l'utilisation normale de feu (même si leur rapport au feu dépasse souvent celui de simples animaux), même dans les quelques cas où on leur a découvert des réalisations qui supposent un "niveau culturel" bien supérieur à celui impliqué a priori par le feu. Pourtant, un feu, cela se voit et même se sent de loin, et laisse des traces durables. N'y a-t-il pas contradiction, ou du moins difficulté ?

Demandons-nous donc à quoi sert le feu, quels sont ses avantages mais aussi ses inconvénients.

Avantages, le feu sert :

  • à lutter contre le froid
  • à écarter les bêtes indésirables
  • à rendre plus digestes nombre d'aliments et notamment la viande

En quoi les avantages seraient-ils moins précieux pour les descendants supposés des néanderthaliens et erectus que pour ceux des sapiens ? Pour le premier point, la pilosité corporelle est une réponse suffisante (avec, dans le cas exceptionnel des Tchoutchounas de Yakoutie, l'utilisation d'un vêtement sommaire, une peau de renne). Pour le deuxième, la vigueur physique supérieure, jointe à la possibilité de se défendre avec un bâton comme le font les chimpanzés, permet de se passer de feu. Le troisième point est le plus délicat. Les HSV, tout aussi omnivores que les sapiens, et disposant d'une dentition comparable, donc tout aussi inadaptée à la chair musculeuse crue, devraient avoir tout autant besoin du feu pour ingérer les indispensables protéines animales. Mais on sait qu'ils ont apparemment résolu le problème en consommant surtout les parties molles (viscères, en particulier le foie, moelle osseuse).

Inconvénients, le feu :

  • est dangereux et délicat à manier
  • n'est pas discret
  • n'est pas aisément transportable, impose donc un minimum de sédentarité

En quoi ces inconvénients seraient-ils plus lourds pour les descendants des néanderthaliens et erectus que pour les sapiens ? En ce qu'ils mettent les premiers à la merci des seconds, lesquels compensent une vigueur physique inférieure par des armes redoutables. En les fixant, ne serait-ce que quelques heures, et surtout en les faisant repérer de très loin, à la vue comme à l'odeur, le feu expose les moins bien équipés pour le combat à l'extermination pure et simple, la rivalité étant inévitable.

En somme, il est simplement normal que les descendants des néanderthaliens et erectus n'aient pu survivre qu'en renonçant au feu, et probablement à bien d'autres choses. 

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