Enlèvements


Article publié dans Cryptos Magazine de juin 1999. A propos du témoignage russe, Dmitri Bayanov m'a signalé depuis une erreur mineure de traduction : la famille de Mme Mitina récoltait non du bois pour le feu mais de l'écorce de tilleul.
 


Les hominoïdes (ou hominidés) reliques sont parfois accusés d'enlever des humains et de les garder plus ou moins longtemps. Quelques exemples.
 

 

Enlèvements d'adultes

Enlèvement en France

 Pour la personne qui me l'a aimablement communiqué, c'est un conte et rien d'autre. Néanmoins, cela se présente comme un article de journal, avec des informations circonstanciées et présentées comme réelles (j'ai modernisé l'orthographe des mots, mais gardé la structure des phrases). On comprendra très vite que l'"ours" n'est pas un vrai ours. D'abord le titre : "Le Discours effroyable d'une fille enlevée, violée, et tenue plus de trois ans par un Ours dans sa caverne, avec une missive sur le même sujet..."1

 

"(...) Dans les montagnes de Tarentaise il y a un petit village nommé Nave, du diocèse de Moutier : en ce lieu un paysan nommé Pierre Culet, assez riche en bétail et territoire, avait une fille fort belle, nommée Anthoinette, âgée d'environ seize à dix-sept ans, laquelle il envoyait parfois garder les brebis et autre bétail. Un dimanche de Rogations en l'année 1602, il arrive inopinément un Ours terrible et épouvantable, lequel se saisit de cette pauvre fille, et l'emporta dans sa caverne, qui est très profonde dans la roche. Et à la bouche de ladite caverne, cet animal roulait une pierre de grosseur émerveillable. Puis cette bête farouche, brute et irraisonnable par force jouit de cette pauvre créature. Ne voilà pas, Messieurs, un terrible accident, qu'il faille qu'une pauvre fille, lavée au Saint Sacrement de Baptême, soit forcée et contrainte obéir à ce sauvage et tant horrible animal. "Cet ours était tellement amoureux d'icelle, comme elle a dit du depuis qu'on l'a trouvée, qu'il allait au pourchas par les villages des montagnes prochaines, et lui apportait pain, fromage, fruits et autre chose dont il prétendait qu'elle eût de besoin. "Dès le jour qu'elle fut prise, son père fit toute diligence pour savoir où elle avait tiré ; mais pour néant. Il se doutait aucunement qu'elle n'eut été dévorée des bêtes brutes ; et comme il n'en retrouvait nulle nouvelle, il ne savait que présumer. Il y a peu de temps en la présente année que le cas fut tel, que le parrain qui l'avait portée baptiser, accompagné de deux autres de son lieu, était allé couper des pins, environ un trait d'arbalète de cette caverne. Cette pauvre fille qui n'avait senti âme vivante depuis son rapt, oyant frapper de la cognée et quelque bruit de voix humaine, et ayant un extrême désir de sortir de cette captivité brutale, d'une voix rauque et piteuse s'écriait tant qu'elle pouvait. Lesdits bûcherons ébahis d'entendre une si profonde voix, ignorant que ce pouvait être, présumaient entre eux que ce fût quelque esprit. Mais comme ils oyaient redoubler si souvent ces cris, qui se faisaient plaintivement retentir des lieux caverneux, cela occasionna l'un d'eux, plus hardi que les autres, à s'approcher assez près de la bouche de la caverne. Et après avoir escrié que c'était qui criait, incontinent cette pauvre captive répond : je suis la misérable Anthoinette Culet, de Nave. Donnez-moi secours au nom de Dieu, un Ours m'a détenue en captivité il y a de ça longtemps. Pendant qu'il est au pourchas, sortez-moi d'ici, je vous supplie ; son heure est de venir sur la nuit. Celui-là promptement le va raconter à ses compagnons, qui subit mandèrent au prochain village, et firent assemblée de quelque vingt-cinq, lesquels vinrent droit à la caverne, et avec force levèrent la pierre, et firent sortir ladite fille. Cette pauvre fille se jette à eux, qui semblait plutôt être sauvage qu'humaine, toute hérissée, crasseuse et toute tremblante ; puis d'une voix pitoyable les priait avoir pitié d'elle, et la conduire jusques à la maison de son père. Etant donc menée, et enquestée comme elle fut prise, leur conta tout au long comme l'Ours l'avait ravie et amenée en sa caverne. Et aussi comme il lui apportait du pain, du fromage, et fruits pleins paniers, et même quelquefois du linge fileté et chanvre, et comme contre son gré ce méchant animal avait sa compagnie, dont elle dit qu'elle avait fait dans cette caverne un monstre, savoir depuis le nombril en bas en façon d'ours, et le reste en semblance humaine. Mais comme ce méchant animal le voulait toujours avoir entre les pattes, l'étrangla de trop le serrer. Et comme il le vit mort, jetait des cris si épouvantables que toute la roche en retentissait. Ainsi on la fit laver, habiller de neuf, et couper ses cheveux. "Ne voici pas, Messieurs, une chose prodigieuse, que la nuit consécutive, cette pauvre fille avait été ramenée au logis de son père, cet ours désespéré d'avoir perdu sa chère prisonnière, ou à la senteur, ou à la piste, ne manque point de venir cette nuit même donner une telle alarme à la porte de la maison où elle était, avec des cris et des hurlements si épouvantables, que tous ceux de dedans pensaient entièrement être tous perdus. "Le lendemain les voisins s'assemblèrent et firent embûches exprès, espérant qu'il reviendrait, ce qu'il ne manque pas de faire. Incontinent lui fut tiré à heure nocturne, une douzaine d'arquebusades, dont il fut blessé en six endroits. Comme il se sentit blessé, étant tout furieux et en désespoir, il saute une haie, et par cas-fortuit trouve derrière icelle un des serviteurs du père de cette dite fille, armé d'une fourche de fer, de laquelle il ne sut si bien escrimer, que cet Ours ne l'étrangla sur le champ. Puis de rage avec les dents, se jetait mordant les arbres et buissons, bien est vrai qu'il ne fit pas quarante pas qu'il ne mourut desdites blessures. Plusieurs qui l'ont vu mort ont assuré n'avoir oncques vu Ours d'une telle grandeur. "Pour le regard de la fille, elle est tellement triste et désolée, qu'on ne la peut réjouir ni consoler. Dieu, par sa sainte grâce, en ait pitié, et préserve les autres d'un tel accident. Ainsi soit-il."
 

 

 Interprétation

 Si incroyable qu'elle paraisse à première lecture, cette histoire se présente comme authentique, et elle a été racontée sous cette forme très peu de temps après les faits, en 1605 .  Pourrait-ce être malgré tout un conte, une histoire non réelle, faite de façon à susciter le maximum d'intérêt chez la personne qui l'entend ou la lit ? Le plan général du récit correspond à celui de nombre de contes. Une personne vit normalement, puis tombe dans une situation totalement anormale et insatisfaisante, dont elle est finalement délivrée. Seulement dans les contes, si bizarres qu'ils puissent être, il y a toujours une morale (conforme ou non à la nôtre). Dans ce schéma particulier, cette morale peut se situer en plusieurs points. La personne peut être tombée dans cette situation par sa faute. Elle a pu être trop curieuse, trop imprudente, trop exigeante, trop orgueilleuse, trop ambitieuse, etc. etc. Elle a pu se singulariser d'une manière quelconque, ce qui est toujours mal vu quand la vie est dure. On ne nous dit rien de tel ici. La personne peut se tirer d'affaire par ses mérites, par son courage, par sa patience, par sa bonté, par sa lucidité, par sa ruse, etc. ou alors par les mérites d'une autre personne. Ce n'est pas le cas. Anthoinette est délivrée par hasard, par des gens qui ne font que ce qui est naturel en pareil cas. L'épreuve peut être compensée par une meilleure situation après la délivrance. Classiquement, le héros épouse une princesse ou l'héroïne un prince. Ce n'est pas le cas. Enfin, plus généralement, le récit pourrait apparaître comme une défense et illustration de la doctrine défendue par le narrateur. De fait, ce dernier affiche avec une insistante ferveur sa foi catholique. Mais on ne voit nulle part cette même foi venir au secours des protagonistes, ni d'ailleurs le manque de foi leur jouer des tours. Rien d'édifiant dans les événements racontés. Peut-on parler de rumeur ?  Une rumeur est une histoire présentée comme réelle (elle peut d'ailleurs l'être), et faite de telle sorte que l'on a envie de la répéter sans la vérifier. Argument très fort, cette histoire de fille enlevée par un ours est très répandue, avec d'innombrables variantes, dans les Alpes et les Pyrénées. Avons-nous avancé ? Non, pas d'un pouce, car au départ d'une rumeur il y forcément soit une histoire réelle non arrangée (mais dont la vérification n'est pas accessible, par exemple la maladie grave d'un chef de l'état, niée temporairement par les autorités), soit une histoire réelle arrangée, soit une histoire inventée, donc un conte. 

Alors il faut envisager une histoire réelle. Non arrangée ? Le village de Nave (orthographié aujourd'hui Naves) existe toujours en Tarentaise, et dépendait bien du diocèse de Moutiers. On y a bien élevé des brebis (il est vrai que c'est banal). Le patronyme Culet a bien été porté en Savoie. Le dimanche des rogations est bien au calendrier. Et il y avait des ours dans la région (il y en a eu jusqu'au début du vingtième siècle), et il est vrai qu'ils peuvent établir leur tanière dans une grotte. Par ailleurs il n'y a rien d'étonnant à ce que la malheureuse, une fois délivrée, soit tombée dans un état dépressif profond. Seulement aucun ours, jamais, ne s'est comporté ainsi. Il lui est rigoureusement impossible d'emporter un être humain adulte, surtout sans lui faire physiquement de mal, impossible également d'avoir une relation sexuelle avec une femme, et a fortiori de lui faire un enfant. Accessoirement, ses grognements ne peuvent en aucun cas être assimilés à des hurlements, s'il peut tuer un homme ce n'est sûrement pas en l'étranglant, etc.

Dernière possibilité, une histoire réelle mais arrangée. Quand on étudie une histoire présentée comme réelle mais qui présente des événements inacceptables pour une raison quelconque, une question élémentaire se pose. Comment en faire une histoire acceptable en changeant un minimum de chose, si possible en changeant un seul mot ? En l'occurrence, rien de difficile. Remplacez "ours" par "homme" et il n'y plus rien de foncièrement inacceptable. Que des hommes enlèvent, séquestrent et violent des filles cela arrive, que des hommes vivent dans des grottes aussi.

La solution nous est donné par Michel Raynal, qui nous apprend que dans de très nombreux cas on a qualifié d'"ours" ce qui était manifestement des "hominidés reliques" (des néandertaliens selon lui) .
 

 

 Enlèvement au Vietnam

 L'histoire suivante a été recueillie en 1996, mais datait d'une quarantaine d'années. Vers le milieu des années 1950, donc, un montagnard M'Nong (région de Ban Mê Thuôt) s'enfonça dans la forêt pour rechercher du rotin. On ne le vit revenir qu'au bout de trois ans, complètement nu, les cheveux très longs. Et il racontait une bien étrange histoire. Il avait été capturé par des créatures ressemblant à des singes. Ces "singes" obligèrent leur prisonnier à cohabiter avec une de leurs "femelles", au fond d'une grotte, dont elle murait l'entrée à chaque fois qu'elle sortait par un énorme bloc. Une "fille" naquit de leur union. Enfin, après trois ans donc, l'homme réussit à s'échapper, et à retrouver le chemin de son village. Dans les jours suivants, les villageois entendirent, dans les profondeurs de la forêt, les lamentations de la "femelle". Un groupe bien armé, sous la conduite du fugitif, réussit à retrouver la grotte, pour découvrir que le bébé venait d'être tué. (pris sur le web http://coombs.anu.edu.au/~vern/wildman/html)

On retrouve l'enlèvement, la grotte, la séquestration avec une pierre roulée, la naissance d'un hybride, et même les plaintes de la créature après la fuite de la personne retenue. L'histoire paraît un peu moins absurde dans la mesure où il s'agit de singes. Mais les plus grands singes connus dans la région sont des gibbons, moins de dix kilos.
 

 

 Enlèvement en Espagne 

 Ce cas encore plus incroyable (au moins pour nous) a été déniché par Michel Raynal3. "Madame Gomez (née en 1926), habitant Lézignan (Aude), nous a raconté que dans son village natal, Cuevas Bajas (province de Malaga), aux alentours de 1920, un jeune couple, les Palmares, était parti dans la Sierra Morena pour garder du bétail. Ils vivaient isolés dans une cabane. Un jour, comme le mari était absent, la jeune femme disparut. Les villageois ne poursuivirent pas longtemps les recherches pensant qu'elle avait été dévorée par les bêtes sauvages qui infestaient la région. Mais quelques temps plus tard la femme revint chez elle et raconta son étonnante histoire. Elle avait été enlevée par un singe alors qu'elle lavait son linge à la rivière. Il l'avait emmenée dans sa grotte et il l'avait violée. Pendant son absence, elle avait réussi à s'enfuir. Quelques mois plus tard, elle donnait naissance à une fille que l'on baptisa Anica et qui était plus connue sous le surnom de "la fille de l'orang-outan. Elle avait hérité partiellement du physique de son père : longs bras, corps velu ; son visage était celui du singe dans sa partie inférieure, celui de sa mère dans sa partie supérieure. Cette fille eut d'ailleurs deux fils qui vivent encore dans la ville de Labisbal (province de Gérone) ; le premier est absolument normal, mais l'autre est surnommé "le Fromage" à cause de sa laideur simiesque..."

 Toujours la grotte (le nom de la localité, Cuevas bajas, signifie "Grottes basses") ! 

 

 Enlèvement au Canada

 Cette fois il n'y eut pas de rapport sexuel. Toutefois, la personne kidnappée soupçonne fortement que le rapt avait eu cela pour mobile, à plus long terme. En 1924, Albert Ostman s'enfonça seul dans une forêt de Colombie britannique, sur la côte, face au milieu de l'île de Vancouver. Il espérait retrouver une ancienne mine d'or. Bivouaquant plusieurs nuits de suite, il remarquait à chaque matin que son sac avait été dérangé, certaines provisions emportées. Le soir du troisième jour, décidé à veiller et à démasquer son voleur, il se coucha tout habillé, avec sa carabine, ses bottes enlevées mais placées au fond du sac de couchage. S'étant malgré tout assoupi, il se sentit soudain soulevé, tassé au fond du sac, et emporté très rapidement. Enfin, il tomba assez brutalement à terre et eut beaucoup de mal à s'extraire du sac à cause de crampes très douloureuses aux membres inférieurs. Il faisait encore nuit. Il demanda prosaïquement : "Qu'est-ce que vous me voulez, les gars?"

 Ostman se trouvait aux mains de quatre incroyables créatures, apparemment le père, de sept à huit pieds (2,20m-2,50m), la mère, le fils, la fille, un peu plus petits, couverts de poils, avec une face qui tenait de l'homme et du gorille. Ils semblaient parfois avoir, entre eux, un véritable langage, et de sérieuses disputes. Il resta en leur compagnie près d'une semaine. On ne le maltraitait pas, on le nourrissait de noix et racines sauvages. Le "vieux" empêchait son prisonnier de s'échapper. Un événement fortuit le lui permit enfin. Le "vieux" avala à un certain moment toute la provision de tabac à priser d'Ostman, fut pris de malaise et relâcha sa surveillance. Albert Ostman ne se décida à raconter son aventure que trente-trois ans plus tard, alors que le Sasquatch commençait à faire parler de lui dans la presse, après l'observation du chasseur William Roe4.

Dans ce cas, la grotte se réduit à un abri sous roche.
 

 

 Enlèvements en Mongolie

 A une date non précisée, une caravane traversait une région déserte de Mongolie. Un homme, chargé de rassembler les chameaux, ne revint pas. Trois hommes partirent à sa recherche, suivirent ses traces, les trouvèrent mêlées à celles de pieds nus, jusqu'à une grotte où ils n'osèrent pas entrer. Ils alertèrent le campement, mais un ancien leur dit de ne pas s'inquiéter parce que les almass ne tuent jamais les hommes qu'ils capturent. Pour une raison non spécifiée (ce qui rend, il faut bien le dire, l'histoire indigeste), ils décidèrent de ne délivrer leur compagnon qu'au retour. Ils s'embusquèrent alors près de la grotte, et après toute une journée, au crépuscule, l'almass se présenta et ils réusssirent à l'abattre et à récupérer le prisonnier. Ce dernier ne dit rien, resta prostré pendant deux mois et mourut. Donc, encore la grotte. Et comme pour Anthoinette, l'état dépressif de la personne libérée5.

 Egalement en Mongolie, on trouve le rapport suivant de Rinchen, reproduit par le même Sanderson: "Il y avait dans le monastère de Lamin-Gegen un lama célèbre par son érudition, et connu sous le nom de "fils d'Almasska". On suppose que le père de ce lama avait été capturé par les Almas et qu'il avait donné un fils à une femme Almas. Le père et le fils réussirent ensuite à s'enfuir en se joignant à une caravane. On permit au fils d'entrer au monastère et d'y poursuivre ses études pour atteindre la gloire universitaire."6
 

 

 Enlèvements au Guatemala ?

 C'est encore Ivan Sanderson  qui rapporte les deux cas suivants, qu'il considère comme très douteux pris isolément, mais qui tendent à se conforter mutuellement. Le premier a été raconté en 1915, mais datait déjà de nombreuses années. Une femme était restée seule chez elle parce qu'elle souffrait d'une infection à un pied. Elle disparut, mais son mari comme ses parents eurent l'intuition qu'elle avait été enlevée par El Sisemite. Néanmoins, le malheureux époux fut accusé du meurtre, et jeté en prison pour de nombreuses années. Enfin, des chasseurs réussirent à capturer, non sans mal, une femme sauvage en qui on reconnut la malheureuse enlevée. "On la confronta à son mari présumé. "On lui demanda s'il la reconnaissait. Il répondit : "Ma femme était jeune et belle ; cette femme est vieille et laide." La créature ne dit pas un seul mot. Elle refusa toute nourriture et mourut quelques jours plus tard..."7

 

Le deuxième cas est plus succinct, mais relativement plus plausible. En 1940, une femme fut enlevée par une créature similaire, en présence de son mari qui, tremblant de peur, ne bougea pas. La malheureuse ne reparut jamais pour autant qu'on sache. Le récit a été connu parce que son père porta plainte contre le mari qui n'avait pas réagi. Le policier qui enregistra cette plainte (classée sans suite) décrivit le ravisseur comme "une sorte de gorille ou d'homme". Sanderson affirme avoir eu en main une copie de ce document.
 

 

Enlèvements d'enfants

 Enlèvement avorté en Russie ?

 L'histoire qui suit a été signalée dans les années 1980, mais se passe une cinquantaine d'année auparavant, en Russie . Le témoin, une femme du nom de A M Mitina, parle du temps de son enfance, dans une forêt de la région de Riazan, où son grand-père était apiculteur d'une ferme collective. La famille était parfois confrontée, en général à la tombée de la nuit, à un géant velu appelé "Seigneur de la forêt" par le grand-père. "(...) Cette même année, j'ai eu une rencontre avec le Seigneur de la forêt dans des circonstances assez peu habituelles. Toute notre famille était dans la forêt pour ramasser du bois de chauffage. Pendant que les adultes collectaient des branches mortes, mon frère et moi restions avec le cheval dans une clairière. Je remarquai un taon sur la patte arrière du cheval et pris un bâton. Mais au moment où je touchais cette patte avec le bâton pour chasser l'insecte, le cheval rua involontairement et me frappa, me projetant à terre. Je me souviens des cris de mon frère, pris de panique. Je retrouve encore la sensation d'être saisie et emportée très vite. Ensuite, je sentis de l'eau courir sur ma figure. J'ouvris les yeux, pour voir une horrible face humaine, couverte de poils comme le reste du corps. Je hurlai. J'entendis en réponse le cri désespéré de Grand-mère. La chose suivante dont je me souviens est Grand-mère me prenant dans ses bras et disputant Mère pour sa maladresse..."8
 

 

 Enlèvement avorté au Tennessee

 Flintville, à quelques cent kilomètres de Chattanooga (Tennessee) est une petite ville tranquille. 26 avril 1976 . De son pavillon, Madame Robertson entend un cri dans la cour où joue son fils Gary, 4 ans. Elle se précipite dehors. Une "odeur de rat crevé" la frappe, mais surtout elle intervient juste à temps pour empoigner l'enfant, pratiquement sous le nez d'un géant velu, vaguement simiesque mais bipède, de 7 ou 8 pieds (2.20 à 2.50 mètres) qui déjà tendait les bras vers Gary. Elle s'enferme chez elle, voit de sa fenêtre une forme noire disparaître dans les bois voisins, appelle la police. Cette dernière prend l'affaire au sérieux, car ce monstre a plusieurs fois été signalé. On décide de l'abattre. La traque dure toute les nuit dans les bois environnant la ville. A deux reprises, les hommes entendent le cri caractéristique du bigfoot, qui leur lance des pierres, mais ils ne peuvent l'atteindre. Le lendemain, des traces de pas de 16 inches (quarante centimètres) sont retrouvées.

 Les manifestations de bigfeet à Flintville se sont répétées, sporadiquement, pendant plus de vingt ans9.
 

 

 Enlèvement tragique au Pakistan

 24 mai 1990, dans le village de Zaït, district de Chitral (nord du Pakistan), deux garçons de quatre ans et une fillette de six ans jouent. Ils voient arriver une femme étrange, à la peau sombre, enveloppée malgré la chaleur dans ce qu'ils appelleront un manteau et des bottes de fourrure... sauf les seins qui en sortent et sont anormalement longs et nus. L'étrange inconnue bouscule un des garçons, le saisit, l'emporte. Des recherches sont organisées, en vain. Trois jours plus tard, on retrouve le cadavre de l'enfant au pied d'une falaise rocheuse, dont manifestement il était tombé, après avoir, suppose-t-on, échappé à sa ravisseuse. En effet, il ne montrait pas de traces de violences hors la blessure au crâne provoquée par la chute. Ce cas, et bien d'autres observations de la même région, serait resté inconnu s'il n'y avait eu sur place une équipe de chercheurs français, menée par Jordi Magraner (espagnol d'origine). Un questionnement précis des enfants leur permit d'établir que la ravisseuse est une femme sauvage et velue, une barmanou10.

 Le même Jordi Magraner vient de recueillir le témoignage d'une femme par un barmanou qui l'avait gardée plusieurs semaines...
 

 

 Pour conclure...

 Ces histoires sont rares (je n'ai guère opéré de sélection), même par rapport aux observations d'hominidés reliques. Il reste à se demander s'il est exceptionnel que cela se produise, exceptionnel que cela s'invente, ou exceptionnel que cela se sache. Combien ne sont jamais revenus en parler ?

       Jean Roche

Notes

1  Cité dans l'ouvrage "Récits et contes populaires de Savoie, recueillis par Charles Joisten dans la Tarentaise", Gallimard, 1980.
2 Michel Raynal, "L'homme sauvage dans les Pyrénées et la survivance des néandertaliens dans les Pyrénées", Bipédia, vol 3, septembre 1989.
3  Michel Raynal, opus cité.
4  Ivan Sanderson "Hommes-des-neiges et Hommes-des-bois", Plon 1963, p. 70-84.
5  Ivan T Sanderson, opus cité, p 335.
6  idem, p 333
7  idem, p 175.
8 Dmitri Bayanov, "In the footsteps of the Russian Snowman", Crypto Logos, Moscou, 1996, p 179.
9  Article de E. Randall Floyd, "Tennesse Bigfoot, a disagreeable fellow", dans Augusta Chronicle du 6 avril 1997, reproduit sur le web de Bobbie Short.
10  Voir le fascicule "Hindou Kouch 1993", par Anne Dambricourt-Malassé, publication de l'association Troglodytes, Paris, 1995.

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